UN BON BOL DE CHOCOLAT CHAUD

Publié le 11 Mars 2019

 

Les Mayas et les Aztèques en avaient fait une boisson précieuse réservée aux dignitaires, aux rituels ou aux cérémonies religieuses.
Cultivé dans toute la mésoamérique durant la civilisation précolombienne, les fèves étaient utilisées comme monnaie d’échanges pour faire du troc, payer des impôts, acheter des esclaves.

Vous l’avez compris, je parle du cacao dont le nom vient du nahuti « cacahuatl ». Sa pâte produite à partir des fèves fermentées et torréfiées est à la base du chocolat.

 

 

C’est Herman Cortès qui s’intéressa au cacao lors de la conquête espagnole du Mexique en 1519. Les botanistes l’appelèrent « theobroma cacao », theobroma signifiant en grec « nourriture des dieux ». Les aztèques préparaient un chocolat en mélangeant vigoureusement du cacao avec de l’eau pour former une mousse épaisse. Ils y ajoutaient du piment, de la vanille et du « roucou » une plante 100 fois plus riche en carotène que la carotte.

Cette boisson acre, piquante, amère ne fit pas l’unanimité au sein des conquérants et de la cour espagnole. Ils l’adaptèrent à leur goût en ajoutant du miel, du sucre (de canne à sucre), de la crème. Ils remplacèrent le piment par des épices, principalement de la cannelle et ils se mirent à la boire chaude. Sa réputation portant à l’amour l’avait précédée. On avait appris que rois et dignitaires aztèques autorisaient de véritables orgies à l’occasion de la cueillette des fèves pour que l’année suivante celles-ci soient encore plus grosses et plus nombreuses. Il n’en fallut pas plus pour que le chocolat obtienne la réputation d’un mets propice aux jeux amoureux et notamment au 17è et 18è siècle. Dans son « Traité des Aliments «  en 1702, Louis Lémery parlait des propriétés stimulantes propres à exciter les « ardeurs de Vénus » et Mme de Pompadour, si l’on en croit les écrits de Mme de Hausset, se gavait de soupes de truffes et de céleri arrosées de tasses de chocolat ambré pour s’échauffer le sang, d’autant que son royal amant, Louis XV, la trouvait un peu « froide comme une macreuse ».

Voilà pour la petite histoire !

 

la tasse de chocolat chaud " la famille Penthièvre" par Jean Baptiste Charpentier (fin 18è)

 

Je ne suis pas un accro au chocolat, un carré de temps en temps ou une bonne pâtisserie faite maison parce que consommé avec modération et de bonne qualité, il est bon pour la santé. Ce projet d’article sur le chocolat m’est venu au cours de ces quelques semaines de repos forcé. Catherine, un dimanche, a eu la bonne idée de préparer une boisson oubliée de mon enfance : Un chocolat chaud avec un cacao amer en poudre.

Dans les « Contes de la bécasse » Guy de Maupassant en parle merveilleusement : «  dès sept heures du matin elle m’apportait elle-même une tasse de chocolat. Je n’en ai jamais bu de pareil. Un chocolat à s’en faire mourir, moelleux, velouté, parfumé, grisant. Je ne pouvais ôter ma bouche des bords délicieux de la tasse. »

 

 

Les raisons de boire et manger du chocolat :

Bon pour la santé, c’est un aliment riche en :

1/ Antioxydants notamment de la famille des flavonoïdes

2/ Magnésium qui entre dans la construction des os, dans le fonctionnement des muscles et système immunitaire. Cela explique que le chocolat apaise la fatigue, le stress et favorise la détente musculaire.

3/ Fer

4/ Phosphore, indispensable à la bonne santé des dents

5/ Vitamine E bonne pour la pathologie des yeux.

6/ Potassium. Le chocolat noir (pas le blanc) a un effet bénéfique sur l’hypertension en dilatant les vaisseaux sanguins.

Enfin, le chocolat protège des maladies cardio-vasculaires et il améliore la sensibilité du corps à l’insuline. Il serait donc antidiabétique.

C’est un aliment riche en glucides et en lipides mais aussi en protéines. Il apporte en moyenne 490 à 550 kgcal pour 100 g.

C’est le beurre de cacao qui est à l’origine des graisses :

1/ 62% d’acides gras saturés

2/ 35% d’acides gras mono insaturés (oméga-9) ont de bons effets sur les fonctions cardio-vasculaires.

3/ 3% d’acides gras polyinsaturés qui sont de bons gras (oméga-3 et oméga-6).

 

 

 

Chocolat et diabète

 

Nous venons de voir les bienfaits d’un bon chocolat pour le moral et la santé.

Le souci de notre époque est qu’il n’y a plus un chocolat mais "DES" chocolats et dans cette société de consommation à outrance, l’industrie agro-alimentaire déborde de talents imaginatifs pour fabriquer toutes sortes de « chocolats ». On conviendra qu’entre la barre chocolatée industrielle à faible teneur en cacao mais bourrée d’additifs et le chocolat supérieur d’un vrai chocolatier, les écarts sont devenus gigantesques à la fois en terme de qualités nutritionnelles, gustatives et de prix.

Noir, blanc ou au lait, on le trouve en tablettes, bonbons, pâtes à tartiner. Ce sont pour la plupart des mélanges de pâte de cacao auxquels on ajoute, en proportion variable, du sucre, du beurre de cacao, des aromates, des raisins secs, des amandes, des noisettes, des huiles végétales etc….

 

Un Index Glycémique (IG) faible

La plupart des chocolats ont un index glycémique (IG) faible, inférieur à 50 dû à la présence de graisses qui ralentissent l’absorption du sucre.

En cas d’hypoglycémie il faut donc éviter d’utiliser du chocolat.

 

Privilégier la qualité

En se démocratisant, le chocolat est devenu de plus en plus sucré et l’on connaît les dégâts du sucre sur la santé.

C’est pourquoi, il est sage de conseiller le chocolat noir de qualité supérieur moins sucré et qui ne contient ni arômes artificiels, additifs, colorants ou huile végétale (huile de palme…) en plus du beurre de cacao.

Ses qualités nutritionnelles sont meilleures que celles des chocolats au lait ou fourrés.

 

 

A éviter 

On oublie le chocolat « spécial pour diabétique » qui contient des édulcorants controversés et souvent caloriques comme le maltitol ainsi que les appellations « sans sucre »ou « allégées », les barres chocolatées et pâtisseries trop sucrées, truffées de mauvaises graisses ou encore les chocolats bas de gamme fourrés aux pâtes de fruits colorées artificiellement.

Il est important, à ce stade, de bien lire la liste des ingrédients figurant sur les étiquettes.

 

Quand et combien ?

Depuis que vous suivez ce blog, vous connaissez ma philosophie en termes d’équilibre alimentaire, de qualité et d'hygiène de vie qui se résume en quelques mots : « de tout un peu et un peu de tout ».

Alors pourquoi se priver d’un aliment comme le chocolat qui allie plaisir et plusieurs vertus pour la santé. Les conditions essentielles étant la modération et la recherche d’un produit de qualité.

1 ou 2 carrés de temps en temps en fin de repas, ne fera pas de mal. Au-delà, bien entendu, il faut penser à le comptabiliser dans votre apport glucidique.

Ne pas oublier que se priver conduit à la frustration qui induit obligatoirement des dérapages.

Ne dévorez pas mais dégustez !

 

 

 

 

Et mon chocolat chaud ?

 

Comme je l’ai écrit plus haut, je ne suis pas un accro au chocolat d’autant plus que le chocolat noir à 99%, 90% voire 70% de cacao, j’ai beau essayer, je trouve ça immangeable.

Alors la solution : le retour au chocolat chaud à boire.

Souvent reléguer au rang de boisson pour les enfants, la faute au Nesquick et autre Benco… quelques cuillères de poudre de cacao pur dans une casserole de lait peut devenir un vrai plaisir d’adulte, chaud, rond, soyeux, moelleux, aromatique, puissant.

 

Un vrai bonheur à tomber par terre ! J’en deviendrais presque militant !

 

Certains me diront qu’ils n’aiment pas le lait de vache ou que c’est mauvais pour la santé : allons bon !!! Cette controverse autour du lait étant loin d’être terminée, je propose alors le choix entre lait de coco, de soja ou d’autres laits qui peuvent leur convenir.

 

En ce qui me concerne je reprendrais les termes de Brillat-Savarin qui disait : « Que tout homme qui aura passé à travailler une portion notable du temps qu’on doit passer à dormir, que tout homme d’esprit qui se sentira temporairement devenu bête, que tout homme qui trouvera l’air humide, le temps long et l’atmosphère difficile à supporter… Que tout ceux-là s’administrent un bon demi-litre de chocolat ambré et ils verront merveille. »

 

Vive le bon vrai chocolat chaud !

 

Rédigé par Yves de Saint Jean

Publié dans #Conseils - Infos

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M
Bonjour, mais vous ne connaissez pas le pain au beurre chocolat des Antilles. Ma fille m'en a interdit, trop de sucre. J'en pleure dès fois; "Je veux un chocolat antillais avec sa cannelle, vanille zeste de citron frais non traité" un régal. Pas plus tard dimanche dernier, mais bon. Je fais avec, j'abdique.
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Bonjour<br /> Effectivement c'est une recette sucrée mais peut être qu'une fois pour garder le goût et le plaisir avec moins de sucre pourquoi pas ?<br /> allez courage<br /> bonne soirée